16 septembre 2009

par Lorie Moniez

« Monstrueusement décalé»

Vous êtes déjà entré dans le cerveau d'un monstre ? Vous saviez que les araignées détestaient les humains ? Vous vous imaginez avec la tête de votre belle-mère ? Et si, une fois dans votre vie, vous vous glissiez à l'intérieur de votre cercueil...
Monstrueusement décalées, parfois drôles, et souvent étonnantes, les installations présentées à travers l'exposition Nouveaux Monstres devraient ravir petits et grands. Inauguré vendredi soir, Nouveaux Monstres est un résumé de l'actualité artistique réalisée à travers la technologie moderne. Le directeur de lille3000, Didier Fusillier, s'enflamme lorsqu'il s'agit d'évoquer cette exposition créée à Créteil puis présentée à Maubeuge, ses deux fiefs après Lille. « On y trouve des histoires sur les monstres à travers le monde des technologies modernes mais aussi la peinture ou le cinéma. Il y a des installations invraisemblables, terrifiantes ou très drôles ».

Œuvres du monde entier

Certaines oeuvres ont été exposées lors de biennales d'art contemporain. L'une des plus impressionnantes est celle du Canadien Bill Vorn. Hysterical Machines représente sept araignées géantes composées de bras en tube d'aluminium. Les capteurs placés sur ces robots permettent de détecter la présence de visiteurs à proximité. « Ces araignées sont très calmes jusqu'à ce que les humains arrivent, plaisante Didier Fusillier. Dès lors, elles deviennent très agressives et c'est le délire total ! » Poétique et ludique, le vaisseau spatial du Belge Boris Debackere est une installation interactive : « Devant un écran noir, on déclenche le cosmos, les éléments déchaînés, et en touchant l'écran, tout devient blanc ». Une définition cosmique par Didier Fusillier des capteurs sensoriels...

Idéal pour les enfants, le concept de Shadow Monsters de l'Anglais Philip Worthington permet de découvrir son ombre affublée de grandes dents...

Star française présente à la Biennale de Lyon, France Cadet détonne avec ses onze trophées de chasse qui ne sont rien d'autre que des robots dotés de capteurs, « des créatures hybrides fascinantes ».

François Chalet, un artiste suisse qui rêve d'un monde où les frontières entre les gentils et les méchants s'effaceraient, propose au public d'entrer dans la tête d'un monstre et de voir directement à travers ses yeux.


Autre loufoquerie, cette fois-ci espagnole, le système interactif de Lalalab qui consiste à échanger votre visage avec celui de votre voisin. « C'est étonnant, ça influe sur notre comportement », précise Didier Fusillier.

Végétaux musicaux sensibles et interactifs, les plantes des Français du groupe Scénocosme émettent des sons dès lors qu'on les touche. De quoi vous faire rêver... Ce qui n'est pas le cas des « chouchous » de l'équipe lille3000, les vidéastes New Yorkais de Temporary Distorsion qui vous invitent à « entrer dans votre cercueil, dit Didier Fusillier, et par le petit trou, vous voyez comment vous êtes mort... Si vous saviez le nombre de cris qu'on a pu entendre ! » se marre-t-il.
D'un mauvais goût certain, l'artiste anglais Andrew Bell crée des monstres depuis plus de dix ans sur le thème des aliments transgéniques et autres produits nocifs que l'on ingère au quotidien. Mais en matière de mauvais goût, il est rattrapé par « la star française de l'art contemporain », Pierrick Sorin, qui, à travers des dispositifs visuels tels que ses Dégoulinures.

Et que dire enfin de ces installations venues d'Australie, de Suède, ou des États-Unis ? Aller les voir à Saint-Sauveur !

Article en ligne sur le site de Nord Eclair